CéLA Art Commun art

CéLA Art Commun art 

Céloises, célois, bonjour à toutes, et à tous !!!

Bientôt la fin de l’hiver (j’espère que personne n’a été emporté par les dernières belles bourrasques),  il semblerait que CéLA ne soit pas insensible aux saisons, puisque c’est maintenant, au début du printemps, qu’on déniche un lieu, que dis-je : le Tiers-Lieu !

Et il arrive en même temps que les premières fleurs !! C’est une excellente nouvelle, évidement, et il me tarde que nous nous y installions, que nous continuions nos projets…

  

Lorsque j’ai reçus le mail de CéLA qui nous annoncé la bonne nouvelle, j’ai immédiatement rebondi, en renvoyant à Bastien ce bref mail, que je vous copie/colle ci-dessous :

Peinture @Léo Courtilly

« Bonjour Bastien,

je viens de lire le dernier message de CELA, au sujet du lieu.

De mon côté, ma position n’a pas changé, je veux défendre l’art, c’est à dire :

monter des expos – organiser des temps d’initiation aux arts-plastiques (work-shop) pour tous –

tenir un lieu dédié à la création pour tous ceux qui voudraient créer librement (tout en étant accompagnés) –
et puis, faire de l’éducation à l’art grâce à des conférences, des débats, des tables-rondes, des discussions :

des temps de réflexion qui croiseraient les moments de création.

En sommes, je veux juxtaposer pratique-artistique et pratique-sociale.

Et je crois que, accompagné par quelques-uns, je saurai m’en charger.

Ha oui, bien sûr je serais très heureux de présenter mon travail personnel (peinture… dessins…)

dans nos locaux, pour lancer le mouvement je dirais.

Je suis déjà en relation et collaboration avec plusieurs artistes, 

on pourrait déjà imaginer un genre de collectif d’artistes, dont la mission serait 

de promouvoir l’existence de « l’art rural », ou un truc comme ça quoi 🙂  »

À la suite de quoi, Bastien m’a répondu qu’on était bien sur la même longueur d’onde.

Puis nous avons pris rendez-vous au tiers-lieu, c’était l’occasion de visiter. C’est grand et bien placé. Enfin, nous avons partagé quelques mots au sujet de l’art et de la création.

D’où, mesdames et messieurs, cette présente lettre 🙂

Je cherche donc activement des partenaires, adhérents ou futur adhérents de CéLA, qui souhaiteraient s’impliquer dans une aventure centrée autour de l’art et de la création.

Pourquoi un tel projet dans CéLA ?

Dessin @Léo Courtilly

Depuis les débuts de CéLA, je crois que la création a toujours été au centre de tout. Les groupes d’actions autonomes, par exemple, sont des créations collectives à part-entière. Tout comme lorsque nous montons un mini-festival ouvert au public, afin de favoriser des échanges de connaissance, de savoir-faire, dans un temps et lieu donnés. Nous créons, ensemble, animés par ce besoin urgent et vital de redonner du sens à nos actions, en vertu de ce qu’il nous semble être juste, et nécessaire. Nous créons, coûte que coûte. Et tant que nous resterons libres de le faire, nous créerons.

Une telle association, pour qu’elle existe et agisse dans le bon sens, pose obligatoirement tout un ensemble de questions auxquelles il nous faut répondre, à chaque instant quasiment. Ceci, nous le savons. Nous l’avons découvert ensemble, en faisant. Ainsi, nous développons ou retrouvons cette faculté de penser, ensemble, sur des problèmes plus gros que nous, grâce à l’action-collective. Ces problèmes que nous affrontons, relatifs à notre époque et à notre mode d’organisation sociétale, sont à la fois bien connus et en perpétuels changements, c’est ce qui rend la tâche difficile, et dans le même temps, si intéressante, si enrichissante.

Un monde sans magie, sans poésie ?

Parmi ces problèmes importants, ils en existent que tout le monde connaît plus ou moins, et d’autres, presque invisibles, mais néanmoins redoutables. Ce dont j’aimerais parler maintenant est en rapport direct avec nos imaginaires intimes, et en rapport, aussi, avec cette capacité magnifique, et naturelle, de s’émerveiller devant la moindre petite chose… Est-ce la peur ou l’ignorance qui nous fait se recroqueviller, et renier nos rêves et merveilles, jusqu’à les oublier complètement ?

Comment ré-enchanter le monde, voici une question que je me pose bien souvent, et que je voulais poser ici, maintenant. Comment réapprendre à rêver, et à s’émouvoir devant la beauté des couleurs, des notes de musique qui s’envolent, des mots justes et enchantés, tandis qu’a priori, le monde va si mal ? C’est un défi. Un défi urgent, je crois. Un défi collectif, social, et profondément poétique.

Peinture @Léo Courtilly

Ce dont je viens vous parler, finalement, je me dis que ce n’est pas tant de l’art, que des arts. Art de vivre, art d’aimer, art de peindre, art de partager le dernier livre qui nous a transformé, art de conter des histoires sans âges, art d’écouter la musique, et les silences : art de tout, l’art est partout. Pourrait-on dire de l’art qu’il serait le liant, réunissant ce qui nous est fabuleux, poétique et merveilleux ? En effet, je le crois. Enfin, ce n’est pas tout, car l’art sait faire feux de tout bois. Et il ne serait pas total sans sa part d’ombre. Ce qui inspire l’art, en somme, provient tout autant de la lumière d’en-haut, que des inquiétantes étrangetés des profondeurs. Ainsi, la création restera toujours l’un des moyens les plus directs pour transcender, pour dépasser les vérités innommables, refoulées, indicibles. L’art permet de montrer ce qui, aussi, se refuse à être vu. Et n’importe quel cauchemar, une fois mis en couleurs, devient alors plus vivant, ou sinon même : lumineux.

L’art et la création ré-enchantent le monde, de quelque manière que ce soit. Alors, plus que jamais, ils sont nécessaires aujourd’hui.

La place de la création pure, dans le quotidien, doit être réétudiée. Nous savons que les humains d’aujourd’hui vont devoir inventer beaucoup, afin de dépasser certains obstacles : commençons donc à nous « muscler la créativité »…

Peuple sans art, peuple sans âme

Dessin @Léo Courtilly

Une fois dit tout ceci, il faut maintenant regarder le monde, ou l’art dans le monde, tel qu’il est. Et sous cet angle réaliste, cru, et difficile : l’art-culturel, l’art-contemporain ou l’art-officiel, appelons-le comme on veut, n’est pas si libre que ça.

J’espère que nous en parlerons ensemble, car je ne prétends pas avoir de réponses toutes faites. Mais ce que je sais, c’est qu’une très grosse partie de l’art, celle qui est montrée aujourd’hui dans les grands lieux de la culture, a beaucoup de mal à émerveiller. Nous pouvons ainsi parler de l’échec, tout relatif bien-sûr, de la politique nationale de subventionnement de l’art-contemporain. Je dis échec, au regard de la majorité des gens qui s’en détourne complètement, tandis que cet art est lui-même financé par des fonds publics. À partir de là, on peut dire que l’art devrait concerner tout le monde, en effet : tout le monde en paye un bout.

S’il me fallait expliquer ces choses à un enfant, et sans doute le faudra-t-il bientôt, je dirais que l’art souffre. Et en réponse à son « pourquoi ? », je répondrais que cet art a été enfermé, dans une prison, une très belle prison toute blanche, il y a déjà bien longtemps. Que cette prison là porte – à tors – le faux nom de musée. Alors, dans sa prison blanche, l’art pense tout seul, il pense en rond dans sa petite tête, sans même voir qu’il se renferme sur lui-même. Il souffre de ce que personne ne le libère. Et ce sont les gens, la population, la cité qui en ont le pouvoir. En attendant, cet art souffre, silencieusement, d’être pris pour un objet de spéculation financière. Des sommes abyssales transitent en permanence sur son dos, c’est honteux et dangereux, aujourd’hui, que l’art puisse être réduit à ça.

On ne sait plus très bien ce que l’art peut être, et ne pas être. Et ça se comprend très bien. Mais encore faut-il l’expliquer. Les défenseurs de l’art-contemporain affirment, aujourd’hui (et depuis 70 ans) que l’art peut être ce qu’il veut, car il se serait délivré de ses anciens impératifs : de beauté, de technique, et de sens. Inutile d’être pour ou contre : puisque c’est ainsi ! Mais pour autant, l’art ne peut pas être une marque déposée, il vit et se réinvente à l’infini, en suivant le courant dont il a besoin pour vivre. Il y a maintenant l’art-brut, le street-art, le pop-art, etc. Finalement, la seule limite, comme notre président de CELA aime à le dire : c’est notre imagination.

Ainsi, je réfléchis depuis quelques temps à ce qu’on pourrait faire comme actions simples et efficaces, autant centrées sur l’art, pour le revivifier, que pour en faire profiter toute la communauté, en ré-enchantant le monde, donc. De plus, vous l’aurez peut-être déjà compris, un des enjeux majeurs de ce projet serait que les inventeurs, les créatifs, les artistes, les amateurs d’art en tout genre et autres curieux puissent former la communauté qu’ils méritent, à un niveau local.

Je vais vous présenter maintenant un petit aperçu des projets concrets auxquelles je pense. Cette liste, évidement, devra être complétée, par les idées de tous ceux qui voudront participer.

La pratique artistique comme nouveau tissu social 

Avec l’art, on peut faire du bien, beaucoup de bien même. On sait maintenant, par exemple, que certains malades – même gravement – montrent de très bons signes lorsqu’ils sont amenés à créer régulièrement. Cela se pratique de plus en plus chez les malades d’Alzheimer. J’ai pratiqué moi-même des médiations thérapeutiques artistiques sur des patients malades en Hôpital Psychiatrique.

Il serait possible de mettre en place quelque chose comme ça, grâce à CéLA.

On sait donc que la création fait du bien à ceux qui le pratiquent, c’est une branche importante que je voudrais développer. Bien sur l’art-thérapie a le vent en poupe. Mais pas besoin d’être art-thérapeute pour animer des ateliers de création.

Mener des actions collectives centrées sur l’art et la pratique sociale, c’est aussi organiser des expositions de jeunes talents locaux, afin de les aider à vivre de leur créations, en leur donnant confiance en eux (plutôt qu’en leur disant de trouver un travail sérieux…).

Sur l’idée de monter un atelier de création libre pour tous, ce serait possible, je crois, de tenir un genre de classe, et de recevoir tel et tel publics, pour leur faire faire des expériences de création, tout en y incluant la dimension citoyenne, écologique et responsable. Ainsi, on inviterait tout-un-chacun, à commencer sans-doute par soi-même, à faire des expériences riches, de création, et de partage. Tout reste à définir, mais ça pourrait être un socle important.

Puis, il faudrait sans-doute organiser des journées ou des soirées dédiées à la rencontre du public et des œuvres, en inventant des artistes à présenter leurs travaux, avec leurs mots à eux, et même, de proposer des pratiques en lien avec leur propres pratiques artistiques, pour le public. C’est important, je crois, de montrer, et de dire que l’artiste est une personne comme les autres. Lors d’échanges prévus et organisés, on abolit les frontières entre telle et telle sphères sociales. On éduque à l’art les petits et les grands.

Et donc, pour porter le tout, un collectif-artistique-Bergeracois pourra être constitué. Ce collectif pourrait avoir différentes missions au sein de ce projet global. Tout ça reste à être défini ensemble. Par exemple, ce groupe pourrait réaliser des travaux artistiques de plus-grandes envergures, répondre à des appels à projets financés – ce qui permettrait de récolter des fonds pour telle ou telle actions de CéLA – ou bien de concevoir des œuvres à portée écologique, solidaire, humaine, tous ensemble.

Une dernière petite idée, ça pourrait être génial de mettre au point une revue, en noir/blanc par exemple, et faire parler de nous, montrer les talents respectifs, traiter de certains sujets importants,  faire connaître les événements et les actions de CéLA.

Encore une fois, faudra définir ce qu’on veut vraiment faire ensemble, comment, et pourquoi. Je ne fais que semer quelques idées, rapidement, pour montrer concrètement ce que nous pourrions faire.

Je vais maintenant m’arrêter là. L’important a été dit, et il n’en fallait pas moins. J’espère seulement qu’il reste encore quelques personnes attentives à mes mots, à la quatrième page de mon courrier 🙂

Répondez-moi directement sur leocourtilly@gmail.com , pour me poser vos questions, me donner vos retours, et faire savoir votre volonté de participer à ce projet multi-facettes, centré sur l’art, sur la vie, et sur la cité.

Je vous laisse maintenant à vos songes, à vos rêveries, et vos imaginaires en action… Et j’espère avoir retenu votre curiosité, pour que puisse être constitué un groupe fort, soudé et actif.

7 pensées sur “CéLA Art Commun art

  • 28 mars 2017 à 17:01
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    Je trouve tout ceci bavard…

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    • 30 mars 2017 à 10:41
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      Bavard je ne sais pas, mais long, effectivement oui. Je te rejoint tout de même, dans le sens où ce n’est pas pour « blablater » que je propose un tel projet, mais bien pour les actions, et les échanges concrets qu’elles suscitent ! 🙂

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  • 29 mars 2017 à 15:00
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    Bravo Léo, on l’attendait tous, ça y est, c’est parti ! un grand bravo ! A très bientôt à Bergerac !

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  • 30 mars 2017 à 01:05
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    Plein d’é-toiles dans le ciel ce soir ; bravo Léo

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  • 1 mai 2017 à 18:14
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    Bravo Léo, merci d’apporter cette touche artistique. Tout avance, chacun fait sa part, c’est génial.

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